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Aragon

  

ARAGON - Sierra de Guara

 

Ce mardi 12 septembre, à 9 h précises, nous prenons le départ de Villeneuve de rivière. Toto et Monique, André et Martine, Jean Louis et Pierrette, Jean Bernard et Marylis, Michel et Jean Michel, Henri. Pascal et Sylvie, partis le dimanche à la découverte du Haut Aragon nous rejoindront à Bierge, notre destination à 220 km d’ici.

Dès la sortie du tunnel de Vielha un temps gris, frais et pluvieux nous accueille. Nous faisons halte sous la pluie à Pont de Suert pour prendre une boisson chaude.

Une pluie dense nous accompagne jusqu’à Benabarre. Pas d’inquiétude cependant sur la météo qui nous attend en Sierra de Guara car nous savons que cette région possède un climat chaud et sec en cette saison. En effet, à l’approche de Barbastro le ciel se dégage, la température est en hausse, il fait beau.

Nous arrivons avec un peu de retard, à 13h30. Sylvie et Pascal sont déjà là depuis un bon moment.

Nous prenons rapidement possession des chambres, nous sommes quasi les seuls dans l’hôtel, tout le premier étage nous est réservé. La table est mise, le repas est prêt.

Pas de temps à perdre, mais sans hâte excessive, à 15 h les huit cyclos en tenue sont prêts au départ pour une randonnée digestive de 60 km, une première partie du circuit en boucle suivie par une montée en aller et retour vers le village de Rodellar, centre de la Sierra de Guara, lieu de départ de nombreux canyons.

Nos quatre randonneuses, équipées pour la marche, ont le projet de monter au cœur du village et de randonner dans la campagne environnante au milieu des oliviers, amandiers prêts à être récoltés et parmi la végétation méditerranéenne typique de la région.

Les routes sont tranquilles, peu de trafic, relief accidenté, nombreuses montées aux faibles pentes Nous partons de 600 m et nous atteindrons 760 m à Rodellar. Nous aurons réalisé tout de même 940 m de dénivelé.

Départ 15 h, retour 19 h, quatre heures pour parcourir 60 km ! Il faut dire que les deux arrêts ont été assez conséquents ! La crevaison (mais était-ce vraiment une crevaison ?) de JiBé nous a immobilisés trois quart d’heure durant lequel quatre chambres à air ont été testées, gonflées, dégonflées, montées, démontées sans résultat vraiment probant. Lorsque nous avons repris la route deux heures s’étaient écoulées depuis notre départ. Quinze km parcourus en deux heures ! La moyenne en a pris un coup ! Nous avons effectué le deuxième arrêt à Rodellar pour prendre un rafraîchissement bien mérité dans le seul bar de ce village de 50 habitants, quasi désert. Les quinze km du retour, les 2/3 en descente, ont été avalés à bon train.

A 19h30 rendez-vous dans le salon pour un exposé d’Henri sur l’Aragon et La Sierra de Guara que nombre d’entre nous découvrent. Car, comme dit souvent notre dévouée secrétaire et amie : « Il ne faut pas voyager comme des valises ! »

Après une présentation détaillée du programme pour la journée du lendemain il était temps de passer à table. Au menu : salade composée, souris d’agneau pommes rissolées, desserts… Un repas copieux, bien cuisiné, un service impeccable.

Coucher vers 23 h pour un repos réparateur dans le confort et le calme.

Mercredi 13, 9 h, après une nuit calme et reposante, un petit déjeuner copieux, nous sommes tous rassemblés sur le parking de l’hôtel. Il fait un temps radieux, une température fraîche, agréable. Derrière nous, tout près, se dresse la chaîne de montagne avec son point culminant, le Tozal de Guara (2077m). Dans un ciel limpide, une colonie de vautours fauves plane et s’élève en larges cercles profitant des courants ascendants.

Les vélos sont prêts, les huit cyclos en tenue. Quelqu’un dit : « Michèle nous a bien recommandé de prendre une photo pour la prochaine revue et surtout, tous ensemble avec le dernier maillot du club, a-t-elle ajouté. ». Donc photo, puis photo et encore photo.

Nos quatre randonneuses, sur une suggestion d’Henri, ont décidé de visiter le pittoresque village d’Alquézar et de descendre au fond du canyon où coule le Rio Vero. C’est un parcours aménagé qui, partant du cœur du village permet d’effectuer une belle randonnée en boucle par les escaleras et pasarelas dans un site d’une grande beauté.

Les cyclos, impatients et motivés prennent la route vers Adahuesca, Alquezar et Colungo qui les amènera sur les cols de San Capriaso et Eripol.

Henri va accompagner Monique, Martine, Pierrette et Marylis à Alquézar avant de rejoindre les pédaleurs à Colungo et les accompagner. La route Bierge/Alquezar/Colungo marque le sud de la Sierra de Guara. A partir de Colungo nous sommes sur la bordure est. Nous allons remonter vers le nord avec, très rapidement, une descente vertigineuse dans le canyon de Fornocal suivie d’une longue montée qui nous hisse jusqu’au col de San Capriaso (810 m) puis la traversée d’une belle pinède avant la source du Rio Vero, la traversée des villages de Barcabo, Almazorre et l’ascension finale au col de Eripol (860 m) où Henri nous attend avec un en cas de dobladios (spécialité pâtissière de la Sierra) et eaux gazeuses pour tromper la faim car le déjeuner prévu à l’hôtel est encore loin.


    

Le retour par le même itinéraire nous permettra de jouir, sous deux angles différents, du magnifique spectacle de la nature en ces lieux. Nous sommes dans la plus grande montagne calcaire d’Europe, 800 km2, classée parc naturel. Pascal et JiBé mitraillent à qui mieux mieux tandis que Sylvie, enchaînant montées et descentes ininterrompues, pédale allégrement, souvent en tête d’un peloton qui s’égaie.

Nouvel arrêt à Colungo où nos quatre « aventurières » nous attendent, à peine fatiguées de leur visite à Alquezar, contentes mais aussi un peu déçues de ne pas avoir pu trouver l’olivier millénaire situé dans une oliveraie tout près d’ici. Cet arbre vénérable, classé, aurait été planté à l’époque où la région, comme du reste la plus grande partie de la péninsule ibérique, était sous domination arabe.

Retour à l’hôtel à 14h30. Nous aurons parcouru 100 km avec 1500 m de dénivelé.

Déjeuner, court repos, départ en visite à Barbastro. Retour à 19h30 pour un briefing sur la journée du lendemain. Nous appelons notre président qui, après avoir entendu le récit de notre journée, émerveillé par la prouesse sportive des randonneuses et la performance des cyclistes, tout cela dans une magnifique ambiance qui caractérise ce groupe, décide spontanément de nous offrir l’apéritif. Grand merci collectif adressé en direct au téléphone. Tournée générale de Campari tandis qu’Henri expose le programme prévu pour la dernière journée. Celui-ci prévoit une sortie vélo de 70 km, un retour à l’hôtel pour le déjeuner et un départ vers 15 h. En insistant sur le fait que c’est une proposition, pas une obligation et qu’il y a un plan B.

Michel et Jean Michel doivent impérativement être rentrés à 17 h. Pascal et Sylvie n’envisagent pas de rouler. Les autres participants ne sont pas des plus motivés pour enfourcher à nouveau les vélos ou chausser les chaussures de marche. Et n’oublions pas que dans cyclotourisme il y a tourisme.

Alors il est proposé de quitter l’Hosteria après le petit déjeuner, partir en groupe visiter Alquezar (les cyclos n’ont pu le faire la veille) et terminer notre court séjour par une visite/dégustation dans une bodega (cave) du Somontano située au sud-est de Barbastro dans la direction du retour. Proposition acceptée à l’unanimité.

Dîner à 21 h d’une excellente paella préparée par Anna la patronne.

Au dodo après une journée bien remplie.




















Jeudi 14 Il est 9h30lorsque nous quittons Bierge après avoir salué et remercié Anna pour son excellent accueil et félicitée pour la qualité de son établissement, de sa cuisine et de son service attentionné.

Une demi-heure plus tard, notre convoi (6 voitures !) arrive sur la partie haute d’Alquezar où nous nous attardons pour admirer la magnifique vue qui s’offre à nous. Le village situé sur le bord du canyon du Rio Vero s’étale à nos pieds, dominé par son château, ancienne citadelle arabe jusqu’au début du Xème siècle qui a donné son nom à la cité : Al Ksar, le château. C’est, sans conteste, un des plus beaux villages d’Espagne. Ceux qui le connaissent depuis longtemps sont impressionnés par l’extraordinaire urbanisation et restauration qui a été accomplie en un demi-siècle.

Lorsque nous l’avons découvert au tout début des années 80 avec un petit groupe d’amis du club c’était un modeste bourg agricole, avec des troupeaux de moutons dans les rues aux pavés disjoints. Pas d’autre hébergement qu’une modeste fonda de 3 ou 4 chambres. On y avait mangé chez l’habitant, dans sa cuisine.

Aujourd’hui, rues, places, maisons ont été rénovées et restaurées avec goût. Ont été construits des hôtels 2 et 3 étoiles, des Gîtes, une Casa Rural, des restaurants…tout en ayant parfaitement conservé l’architecture médiévale.

Pierrette qui a une solide formation de géologue est impressionnée par cet environnement, et la configuration des lieux. La Sierra de Guara résulte d’une évolution qui se poursuit depuis des millions d’années. A la fin de l’ère secondaire et au début du tertiaire l’emplacement de la Sierra est occupé par une cuvette marine. Les sédiments qui s’y déposent contiennent des fossiles et nummulites (on en trouve en quantité sur la piste qui monte derrière nous). Au quaternaire la zone des marnes qui au nord de la Sierra forme une cuvette imperméable déverse ses eaux contre la barrière des calcaires. Ces eaux se frayent un passage dans la masse des calcaires fissurés, formant des canyons. On trouve dans la Sierra de Guara ce qu’on ne peut voir ailleurs en Europe : un ensemble de canyons exceptionnel.

Après avoir déambulé dans les rues et effectué une courte visite du château il est temps de repartir. Michel et Jean Michel nous quittent pour prendre la route du retour. Il est déjà 11h30, direction la Bodega Sers à Cofita car nous avons rendez-vous à midi et demie.

Nous sommes à l’heure. Belle réception par Pablo le jeune patron de cette cave moderne, au caractère familial, où nous allons déguster la dernière récolte de Blanqué, un Chardonnay, puis trois vins rouge(sur les 6 produits) : 100% Syrah, Cabernet sauvignon/merlot, 100% Moristel (le cépage typique du pays). Une heure plus tard nous repartons, les coffres lestés de quelques cartons de bouteilles du Somontano achetés à un prix intéressant.

Une heure et demie après nous voilà attablés dans un sympathique restaurant de Aren où, malgré l’heure tardive (pour nous) nous sommes reçus avec sourire et empressement (contrairement à la France où, nous en avons fait plusieurs fois l’expérience, passé 13h/13h30 on nous refuse l’entrée. Il est 16h lorsque nous reprenons la route pour accomplir les cent derniers kilomètres.

Pour paraphraser une célèbre émission TV nous avons fait, pour la plupart d’entre nous un ″ voyage en terre méconnue″. 60 ans plus tôt on aurait pu dire ″ voyage en terre inconnue″ tant cette région était quasi ignorée et redoutée, même par les espagnols.

En conclusion nous pouvons dire que toutes les conditions étaient réunies pour que ce voyage soit vraiment réussi : une région magnifique et dépaysante à seulement 200 km de chez nous, du beau temps, un excellent hébergement, de belles découvertes, aucun incident fâcheux… sans oublier une superbe ambiance et une atmosphère de franche camaraderie à mettre au crédit de tous.

 

 

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